💭 La réflexion du mercredi - 🕳️ Les biens publics et la Thèse de la cuvette protocolaire - Partie II

Soit, en quoi Ethereum est-il une plate-forme qui permet d’héberger et de donner accès à des biens publics monétaires et financiers à l’échelle du globe.


⚙️ Améliorez vos compétences en finance décentralisée toutes les semaines. Inscrivez-vous au programme Bankless 🏴 ci-dessous.


🔋 Le financement de BanklessFR

  • ⚡ Sur clr.fund, pas de CLR matching actuellement, mensuel

  • 🤖 Sur Gitcoin.co, pas de CLR matching actuellement, trimestriel

  • 🎴 Sur Rarible, vente de cartes NFT collectionnables, 3/10 restantes au prix de base

  • 📟 Adresse Ethereum : banklessfr.eth

Nous sommes un média communautaire et nous finançons le projet uniquement par ces moyens, ce qui nous permet de rester totalement indépendants 💪. Pas de pub, pas de sponsor. Un grand merci pour votre soutien 🙏.


Chers Bankless,

Dans cette seconde partie nous vous montrons ce qu’est un un Bien Public, un Bien Commun et un Bien Public Mondial. Nous vous parlons aussi brièvement du problème économique du Passager Clandestin.

Vous n’avez pas lu la première partie ? Vous la trouverez ici.

Bonne lecture, et à très bientôt 🙂 ,

Let’s be Bankless 🏴 ,

Jon & Brice


📅 Les événements à ne pas manquer


📽️ Le replay de la semaine


📰 L’article de la semaine

Nous vous proposons à la lecture la traduction en français du livre Token economy de Shermin Voshmgir.

Intéressez ? Ca se passe ici, sur le site d’Ethereum France, avec une première partie étudiant les tokens stables collatéralisés.


🕳️ Les biens publics et la Thèse de la cuvette protocolaire - Partie II

Durée de lecture : 9 min // Difficulté : moyenne

Écrivain Bankless :  David Hoffman, co-fondateur de Bankless

La cuvette protocolaire

Les Biens Publics Mondiaux sont ce qui se trouve au bas de la cuvette protocolaire. La révolution crypto-économique repose sur l'hypothèse fondamentale que, dans sa forme finale, cette révolution aura engendré un éventail de Biens Publics Mondiaux (BPM) monétaires et financiers.

Les BPM sont par définition l'infrastructure la plus évolutive, la plus utile, la plus fiable et la plus persistante dont nous disposons, et les qualités qui font un bon BPM sont les mêmes que celles qui poussent un protocole au fond de la cuvette protocolaire. 

Deux caractéristiques déterminent l'emplacement d'un protocole dans la cuvette protocolaire : la surface d'attaque et l'utilité

La Surface d'attaque

La surface d'attaque est une mesure qui illustre la faiblesse des protocoles, c’est-à-dire la facilité à être capturés / contrôlés. Plus simplement, avoir une surface d'attaque basse signifie pour un protocole qu'il n'y a pas de point central de fragilité. La confiance, la permission et le biais sont les caractéristiques qui peuvent déterminer où se trouve le «centre» d'un protocole et à quel point il est facile ou difficile de capturer un protocole. 

La qualité à être trustless

Lors de l'utilisation du protocole, dans quelle mesure les utilisateurs ont-ils besoin de faire confiance aux autres pour parvenir à leurs fins ? Les motivations égoïstes des autres ont-elles un impact sur les autres utilisateurs ? Quelqu'un profite-t-il d'un utilisateur contre sa volonté ou sa connaissance ? Si la qualité à être trustless est complète, le protocole tombera plus bas dans la cuvette protocolaire. 

La qualité à ne nécessiter d’aucune permission/autorisation

Est-ce que tout le monde peut utiliser le protocole ? Y a-t-il quelqu'un qui peut restreindre ou censurer l'utilisation du protocole ? Existe-t-il des clés d'administration qui donnent certains privilèges à un ensemble particulier d'utilisateurs ? Si tout le monde a un accès égal pour utiliser le protocole et que personne ne peut censurer les autres, le protocole tombera plus bas dans la cuvette protocolaire.

La neutralité

Le protocole profite-t-il à un utilisateur ou à une entité en particulier au détriment de tout autre ? Une personne ou une entité bénéficie-t-elle de manière disproportionnée du succès du protocole plutôt que de ce qui semble juste ? Si le protocole est suffisamment juste ou équitable, il tombera plus bas dans la cuvette protocolaire. 

L’utilité

L'utilité est simplement la mesure de la valeur qu'un protocole fournit au monde. Plus un protocole est utile, plus il y aura de personnes / d’entreprises / d’entités qui s'appuieront dessus.

Lorsqu'un protocole a une grande utilité, plus de valeur et de capital seront déposés dans l'application. Cela génère de la masse, qui ajoute à la densité. Si le protocole a une utilité, il tombera plus bas dans la cuvette protocolaire. 

Le spectre de la cuvette protocolaire

Chaque caractéristique ci-dessus a son propre spectre. Une application peut être n'importe où sur une échelle de 0 à 100 pour la surface d'attaque et pour l'utilité. De plus, le «score total» des caractéristiques illustre la densité du protocole par rapport aux autres. Ce système de notation est en grande partie juste à des fins d'illustration - simplement pour illustrer la métaphore. J'appellerai cela le «score de Bien Public Mondial» plus loin dans cet article. 

Les actifs et les applications

La cuvette protocolaire ne s'applique pas uniquement aux applications sur Ethereum, mais également aux actifs. Sur Ethereum, les actifs sont des applications. Toutes les applications ne sont pas des tokens, mais tous les tokens sont des applications. Les applications sur Ethereum sont définies par un contrat et sa propre adresse.

S'il s'agit d'un contrat sur Ethereum, c'est une application. 

Dans le cylindre en verre ci-dessus, nous avons à la fois des liquides et des solides de différentes densités. Comme les liquides, les solides trouvent leur place appropriée dans la cuvette protocolaire, une place qui correspond à leur densité. Le score de Bien Public Mondial s'applique autant aux actifs qu'aux applications. 

Les Biens publics

Définition de Wikipédia d'un bien public :

En économie, un bien public est un bien qui est à la fois non excluable et non rival, en ce que les individus ne peuvent pas être exclus de l'utilisation ou pourraient en bénéficier sans le payer, et où l'utilisation par un individu ne réduit pas la disponibilité pour d'autres ou le bien peut être utilisé simultanément par plusieurs personnes. Cela contraste avec un bien commun tel que les stocks de poissons sauvages dans l'océan, qui n'est pas excluable mais est rival dans une certaine mesure, car si trop de poissons sont pêchés, les stocks seront épuisés.

Non-Excluabilité

Un bien est excluable s'il est possible d'empêcher des personnes qui ne l'ont pas payé d'y avoir accès. Un bien ou un service est non-excluable si les consommateurs qui ne payent pas ne peuvent pas être empêchés d'y accéder.

Non-Rivalité

Un bien est rival si sa consommation par un consommateur en empêche la consommation par un autre, ou si la consommation d'un parti réduit la capacité d'un autre parti à le consommer. Un bien est considéré comme non rival si, quel que soit le niveau de production, le coût marginal de sa fourniture à un individu est nul.

Les biens publics ne s'épuisent pas à mesure qu'ils sont utilisés. L'air, l'eau, la lumière du soleil sont tous des biens publics. L'écoute d'une émission de radio n'empêche pas les autres de l'écouter également. Les lampadaires éclairent les routes pour tout le monde, de la même manière. 

Comme pour toutes choses, il y a un spectre impliqué. Les cours d'eau et les lacs sont des biens publics ; tout le monde peut les utiliser et ils sont très difficiles à épuiser. Cependant, ils peuvent être épuisés. Bien qu'ils soient «résistants à l'épuisement», l’expansion de l'espèce humaine a montré qu'elle a la capacité d'épuiser même les plus grands réservoirs de biens publics. Une rivière a un approvisionnement en eau presque infini, grâce aux cycles des saisons qui font migrer les précipitations plus haut en altitude, cependant, il existe une limite de débit vers laquelle l'eau migre «en amont».

Si le taux de consommation dépasse le taux d'offre, la rareté prend le dessus et un bien public se transforme en bien rival/commun. La lumière du soleil se déverse à l'infini sur la Terre, mais il y a un espace limité disponible pour la capturer. L'espace physique est infini et inépuisable, sauf que certains espaces ont plus de valeur que d'autres espaces, ce qui les rend rivaux.   

Les Biens Publics Mondiaux

Les Biens Publics Mondiaux sont des biens publics, mais leurs avantages s'étendent à tous les pays, personnes et générations. Les Biens Public Mondiaux ont la capacité d'évoluer bien au-delà du bien public typique.

La capacité de certains biens publics à s'étendre à une échelle mondiale et générationnelle vient du fait que certains biens publics sont antifragiles par nature. Deux biens différents peuvent être des biens publics, mais si l'un d'entre eux est antifragile, il deviendra un bien public mondial.  

Antifragile

L'antifragilité est une propriété des systèmes dont la capacité à prospérer augmente en raison de facteurs de stress, de chocs, de volatilité, de bruit, d'erreurs, de fautes, d'attaques ou de pannes. C'est un concept développé par Nassim Nicholas Taleb dans son livre, Antifragile. Comme l'explique Taleb dans son livre, l'antifragilité est fondamentalement différente des concepts de résilience (la capacité de se remettre d'un échec) et de robustesse (la capacité de résister à l'échec).

Les biens publics ont souvent des qualités de résilience et de robustesse (plus tôt, j'appelais cela la résistance à l'épuisement), mais les biens publics mondiaux sont antifragiles ; ils s'améliorent / se renforcent à mesure que de plus en plus de gens les utilisent. La principale caractéristique des biens publics mondiaux est qu'ils bénéficient des externalités des utilisateurs qui les consomment. Plus un Bien Public Mondial est consommé / utilisé / exploité, plus il devient fort. 

Les idées et les connaissances sont des BPM ; lorsque vous partagez une idée, vous conservez également cette idée et vous permettez à d'autres de l'utiliser et de la partager. Une bonne idée peut s'étendre au monde entier, sans rien soustraire à l'auteur de l'idée ou à l'idée elle-même. Les idées transcendent les générations sans aucune décomposition. Plus important encore, une idée s'améliore lorsque plus de gens y réfléchissent. Les idées sont quelque chose à réitérer et à développer. Ces itérations sont toutes aussi évolutives et partageables que l'idée originale elle-même. Les bonnes idées se retrouvent partagées, répétées, développées et adoptées plus rapidement que les mauvaises idées, c'est ainsi qu'une petite étincelle peut se transformer en révolution en si peu de temps. Les idées sont meilleures si tout le monde a la même idée.

Internet est un BPM. L'utilisation d'Internet n'empêche pas les autres de l'utiliser également, et plus les gens utilisent Internet, plus il devient utile pour les autres. Plus il y a de choses sur Internet, plus Internet offre d'utilité pour plus de gens, ce qui amène plus d'utilisateurs à Internet en premier lieu, ce qui génère une incitation plus forte à construire d'autres choses sur Internet. 

Les produits du Web2 sont antifragiles à leur base. Facebook, Instagram, Twitter deviennent tous de meilleurs produits lorsque le monde entier les utilise. Cependant, les entreprises qui possèdent ces produits sont tout aussi fragiles que le reste du monde, et c'est là que réside le problème de l'échelle de ces produits. 

Le Problème du Passager Clandestin

Le problème du passager clandestin est la charge pesant sur une ressource partagée créée par son utilisation ou sa surutilisation par des personnes qui ne paient pas leur juste part. Les lampadaires sont des biens publics qui nécessitent des ressources pour construire et consommer de l'énergie pour leur fonctionnement ; cela impose des impôts à ses utilisateurs et quiconque ne paie pas d'impôts met un fardeau sur la capacité de ce bien public à évoluer et à devenir plus utile. C'est pourquoi les lampadaires ne sont pas un Bien Public Mondial ; leur utilisation ne les rend pas plus évolutifs.

Les BPM sont, par définition, des Biens Publics immunisés contre le problème du passager clandestin. En fait, c'est le contraire. Les BPM ont des mécanismes qui intègrent un niveau minimum de contribution à leur utilisation. Vous, par définition, ne pouvez pas utiliser un BPM sans renvoyer une certaine quantité de valeur, et la quantité de valeur fournie est supérieure au seuil minimum nécessaire pour maintenir le BPM en vie et en bonne santé. Utiliser simplement le BPM lui fournit la nourriture dont il a besoin pour se maintenir. 

Plutôt qu'une tragédie des biens communs, les BPM font plutôt l’expérience du “Festival des communs”, où les Communs sont un lieu pour se réunir et se réjouir de notre utilisation commune d'un usage partagé qui s'améliore à mesure que le festival se développe.

Bitcoin est un BPM

Bitcoin vit en raison de la force de son antifragilité. La valeur de BTC, l'actif, vient de l'antifragilité de Bitcoin. L'antifragilité de Bitcoin génère les assurances les plus fortes possibles pour le règlement futur des bitcoins à tout moment, ce qui à son tour génère son utilité et son incitation à l'utilisation en premier lieu. 

Bitcoin réussit et est lui-même valorisé en raison de son antifragilité. Tout autre système de blockchain crypto-économique né dans cet espace doit également présenter des qualités antifragiles, sinon il sera éventuellement contraint de succomber aux règles et paradigmes qui maintiennent les systèmes classiques à flot : les lois et réglementations des États-nations (XRP, tousse, tousse). Les choses qui sont antifragiles n'ont pas besoin de lois ou de règlements pour les maintenir à flot ; ils se soutiennent. L'antifragilité est l'indépendance de l'aide et du soutien extérieurs.  

Bitcoin est le premier exemple de BPM qui offre une plate-forme monétaire ou financière pour le monde qui correspond à l'état actuel de la technologie et aux besoins des citoyens de la planète Terre. L'or était autrefois un BPM, mais il est lentement devenu obsolète et désuet à mesure que les nouvelles technologies ont modifié son utilité.


Suite la semaine prochaine !


👉 Les actions à entreprendre


🔎 Le zoom sur l'auteur

David Hoffman est un conseiller de RealT et un des animateurs de Bankless et de POV Crypto. Il Ã©crit sur les thèmes de la DeFi et d'Ethereum. Découvrez aussi son exposé sur la manière dont l'ETH accroît sa valeur.


🇬🇧 💬 🇫🇷 Cet article est une traduction d'un contenu original publié sur Bankless le 8 juillet 2020. Cet article a été traduit par Vin et édité par Jon.


🌱 N’hésitez pas à partager cette newsletter, de manière à faire grandir notre communauté.

Share BanklessFR


📚 Les sommaires


📰 Les newsletters & infos pratiques


ℹ️ Nous suivre sur les réseaux sociaux


⚡ Cette newsletter ne fait pas figure de conseil financier ou fiscal. Elle est strictement éducative, il ne s’agit pas de conseils d’investissement ou de propositions d’achat ou tout autre type de décisions financières. Cette newsletter ne comporte pas de conseils juridiques. Parlez-en à votre comptable. Faites vos propres recherches.