💭 La réflexion du mercredi - 🌐🍽️🏦 La DeFi est entrain de dévorer la finance

Le logiciel a dévoré le monde. L'histoire se répètera avec la finance.

  
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Chère Nation Bankless,

Software is eating the world.

Le logiciel est en train de dévorer le monde.

Cet article de 2011 écrit par Marc Andreessen décrit comment les entreprises qui sont nées dans l’ère du logiciel dévoraient les entreprises en place et révolutionnaient les industries.

Amazon qui remplace les ventes aux consommateurs, Spotify qui s'attaque à la musique, LinkedIn au recrutement - tous sont sur le point de remplacer les opérateurs historiques qui n'ont pas créé d'entreprises implantées sur Internet.

Pourquoi ? Les entreprises appartenant à l’ère des logiciels étaient plus rapides, moins chères et meilleures pour les utilisateurs. Pour Marc, ce n'était qu'une question de temps avant que chaque industrie ne soit dévorée par les logiciels.

Mais cela n'a pas été le cas pour la finance.

Notre système financier est toujours basé sur une infrastructure ancienne. Jim Bianco l'a souligné dans un podcast... Les virements électroniques ne sont pas devenus plus rapides ou moins chers depuis l'époque du télégraphe en 1871 ! 👀

Et les FinTech ? Tout ce que les FinTech ont fait, c'est de donner au système analogique existant un lifting au niveau de l’expérience utilisateur.

Mais la DeFi change tout...

Comparez PayPal et Ethereum en tant que réseaux de transfert monétaire.

Ci-dessus, comparaison de Paypal et d'Ethereum... la crypto devient plus rapide, moins chère et meilleure. (Voir le fil twitter de Dmitriy Berenzon qui a inspiré cet article)

Ou prenez le prêt - MakerDAO a été rentable après 6 ans d'activité alors que LendingClub enregistre toujours des pertes après 15 ans.

Ci-dessus, comparaison de LendingClub et de Maker par Dmitriy Berenzon.

La DeFi donne aux services financiers les propriétés de l'économie du logiciel.

Une finance :

  • plus rapide,

  • moins chère,

  • et meilleure.

Voici Dmitriy, il va nous expliquer pourquoi la DeFi absorbe la finance et voici le fil de discussion qui l'a inspiré.

Bonne écoute/lecture et à demain,

Let’s be Bankless 🏴 ,

Jon & Brice


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🌐🍽️🏦 La DeFi est entrain de dévorer la finance

Rédacteur invité : Dmitriy Berenzon, associé de recherche chez 1kx.

La DeFi : des Services financiers Cloud-Native

Bien que le logiciel ait dévoré le monde au cours des dernières décennies, il a fait un travail relativement médiocre pour disrupter les services financiers.

En raison de l'existence d'opérateurs historiques bien établis, de coûts de changement élevés et de l'emprise de la réglementation, l'innovation dans le secteur a surtout porté sur les canaux (par exemple, votre application bancaire mobile préférée). Cela a donné un beau lifting à l'UX mais la chaîne de valeur sous-jacente et la structure des coûts sont encore largement basées sur des systèmes développés dans les années 70.

Les applications de la DeFi reconstruisent les services financiers à partir de zéro en remplaçant les humains par des machines, la paperasse par du code et l'application de la loi par une application crypto. En conséquence, elles ont des coûts de fonctionnement de plusieurs ordres de grandeur inférieurs à ceux de leurs homologues analogiques.

Il est intéressant de noter que l'évolution des services financiers ressemble à celle de l'industrie du logiciel : à mesure que les logiciels évoluaient d'une infrastructure et d'applications monolithiques vers des microservices cloud, des économies étaient réalisées et de nouveaux modèles commerciaux étaient inventés.

Dans cet article, je décrirai l'évolution de l'industrie du logiciel, je ferai le parallèle avec les services financiers et j'expliquerai comment ces changements ont conduit à des améliorations fondamentales de l'économie et de la rentabilité de ces derniers.

Les services financiers traditionnels ressemblent aux logiciels de l’avant-Internet

Avant l'émergence d'Internet, les coûts fixes et les barrières à l'entrée étaient élevés pour les fournisseurs de logiciels. Dans les années 60, à l'époque où les ordinateurs étaient trop chers à l'achat, les fournisseurs verticalement intégrés investissaient des sommes considérables pour développer et distribuer des logiciels via leurs réseaux privés.

Par exemple, Computer Sciences Corporation a dépensé 100 millions de dollars (valeur d’environ 900 millions de dollars aujourd'hui) pour développer "Infonet", un réseau d'ordinateurs centraux offrant un accès (via les lignes de communication téléphoniques !) à la puissance informatique et à des logiciels tels que des services de courtage et des systèmes de réservation d'hôtel.

La finance traditionnelle connaît une dynamique similaire. En raison d'importantes barrières à l'entrée et en raison d'économies d'échelle, les banques intégrées verticalement finissent par fournir la plupart des services bancaires de base, tels que l'acceptation des dépôts, les prêts, les transferts de fonds, l'émission de titres de créance, la création de chambres de compensation et, dans le cas des banques centrales, la gestion de la masse monétaire. Ces services sont coûteux et impliquent une présence physique, des processus manuels et sur papier, ainsi qu'une infrastructure complexe et cloisonnée.

Les FinTech sont comme des logiciels compatibles avec Internet

Depuis les années 90, Internet a permis l'émergence d'un nouveau modèle de fourniture de logiciels : au lieu d’exister dans des instances distinctes sur les ordinateurs des particuliers, les logiciels vivaient dans le cloud et étaient fournis à distance.

Cette évolution a conduit à l'essor du logiciel en tant que service (SaaS), un modèle commercial innovant dans lequel les logiciels sont concédés sous forme d'abonnement. Le SaaS offre de nombreux avantages aux utilisateurs par rapport à l'approche sur site, comme l'accessibilité par navigateur, les mises à jour automatiques et un coût total de détention plus faible.

Les FinTech et les logiciels sur Internet sont similaires dans la mesure où ils ont tous deux tiré parti des technologies émergentes pour innover en matière de produits et de modèles commerciaux. Chime a tiré parti des canaux en ligne pour étendre sa portée et réduire les frais généraux physiques pour les services bancaires aux particuliers. Robinhood a adopté un modèle commercial alternatif aux commissions, le "paiement pour le flux d'ordres", afin de proposer des transactions "gratuites" aux particuliers. Transferwise a contourné le système de correspondent banking en créant une place de marché biface afin d'établir des paiements nets pour les personnes transférant de l'argent dans des directions opposées dans le monde entier.

Toutes ces entreprises ont de la valeur, mais Chime s'appuie toujours sur Visa (créée en 1958), Robinhood s'appuie toujours sur la DTCC (créée en 1973), et Transferwise n'a pas remplacé l’ACH (créée en 1972) ou SWIFT (créée en 1973).

La DeFi est comme un logiciel "cloud-native".

Le "modern cloud" a commencé en 2006 avec le lancement d'Amazon Web Services (AWS) et de nombreuses applications ont migré au cours de la décennie suivante.

Cela dit, la plupart d'entre elles sont restées des applications "compatibles avec le cloud" plutôt que des applications "natives", ce qui signifie qu'elles avaient probablement encore des modules monolithiques et dépendants qui ne pouvaient pas être mis à niveau individuellement sans avoir à modifier l'application entière.

Les applications cloud-native, en revanche, sont conçues dès le départ pour fonctionner dans un cloud public comme AWS. Elles tirent parti de la mise en commun des ressources (anglais), de l'élasticité et des services à la demande (anglais). Elles sont également construites sur une architecture de microservices, conçue comme des modules indépendants qui servent un objectif particulier. Aujourd'hui, de nombreuses applications fonctionnent également sur une architecture sans serveur, qui permet aux développeurs d'acheter des services back-end en payant au fur et à mesure. Ces design patterns peuvent également être utilisés en tandem, ce qui conduit à ce que l'on appelle des microservices sans serveur.

Les cryptomonnaies permettent de créer des microservices financiers sans serveur. Cela est possible parce que les réseaux crypto constituent, en soi, une innovation en matière de modèle économique ; plutôt que des vendeurs fournissent contractuellement une infrastructure et des services contre une rémunération en dollars, un réseau distribué de "nœuds" (c'est-à-dire d'ordinateurs) assure ces fonctions pour gagner des tokens du protocole et, de fait, devenir partiellement propriétaire de ce réseau.

Ne confondez pas cela avec la logique "blockchain not bitcoin " - le token de protocole est nécessaire pour inciter les "vendeurs tiers".

Source : Chris McCann

Pour cette raison, la DeFi bénéficie de nombreux avantages de l'économie du logiciel et du SaaS que les services financiers n'ont pas. Plus précisément, le traitement des transactions en silo et les systèmes bancaires sont remplacés par une blockchain mondiale, par ses smart contracts et par son infrastructure de nœuds, ce qui permet de réaliser d'importantes économies. En outre, les applications bénéficient d'une interopérabilité immédiate, dès leur déploiement, et d'un log-in unique (la paire de clés publique/privée de l'utilisateur).

Il n'est donc pas nécessaire que plusieurs fournisseurs d'infrastructures de marché construisent les mêmes systèmes (il existe par exemple une centaine de systèmes d’ACH dans le monde) et il n’est pas non plus nécessaire que les applications construisent et entretiennent leur propre back-end.

La proposition est d'autant plus attrayante pour les développeurs d'applications que ce ne sont pas eux qui paient pour l'utilisation du "cloud financier", mais bien les utilisateurs, sur la base d'une interaction sous forme de "gaz" payé aux mineurs/validateurs. En d'autres termes, les coûts de transaction, de service et d'infrastructure sont tous regroupés en une seule dépense de gaz.

Exemple d'architecture sans serveur. Source : Badri Janakiraman

De plus, les fournisseurs de services externes exécutent souvent les fonctions essentielles de l'application, comme les liquidateurs sur Compound et les fournisseurs de liquidités sur Uniswap. Par ailleurs, une fois qu'un smart contract est déployé, il n'y a pas de coûts de maintenance supplémentaires pour ce service et donc le coût marginal pour l'application qui acquiert un utilisateur supplémentaire est de ~0$.

Cette structure de coûts permet aux protocoles de la DeFi d'avoir un flux de trésorerie positif même avec des taux de désabonnement élevés et des revenus récurrents faibles.

Comparaison des entreprises et des protocoles

Rien n'est complètement comparable, mais faisons du mieux que nous pouvons avec un ensemble de trois exemples de comptes de résultat qui sont les plus étroitement liés : Deutsche Bank, Lending Club et MakerDAO.

Source : Deutsche Bank

En 2020, la Deutsche Bank avait 8 milliards de dollars de coûts liés à l'infrastructure, à l'immobilier et aux opérations, soit 64 % de ses dépenses d'exploitation globales. Cette structure de coûts est attendue pour une organisation aussi grande et structurellement importante, avec des décennies de dette technique, mais nous pouvons faire mieux.

Chiffres en milliers ; Source : Lending Club, MakerDAO

En 2020, probablement plus de 50 % des dépenses d'exploitation de Lending Club étaient dues aux effectifs et aux coûts du matériel, des logiciels et de la maintenance. L'entreprise aurait probablement été rentable si elle avait eu une structure de coûts plus légère.

Bien que la plupart des dépenses d'exploitation de MakerDAO soient dues au personnel, elles ne représentent qu'une infime partie du revenu net global, ce qui se traduit par une marge bénéficiaire de 99 % contre -60 % pour Lending Club. Par contre, notons que les coûts ne sont pas “complets” pour MakerDAO et qu'ils augmenteront au fur et à mesure que les coûts supplémentaires de la Fondation seront transférés à la DAO (par exemple, les opérations d'oracle, la rémunération en tokens, etc).

Regard sur l'avenir

La DeFi dévore le système financier. Graphique par Logan Craig

Au cours de la prochaine décennie, les protocoles de la DeFi seront utilisés comme "microservices financiers" à la fois pour les institutions financières traditionnelles et pour les sociétés fintech traditionnelles. Ces organisations utiliseront la DeFi comme une infrastructure backend et deviendront alors des canaux de distribution pour différents types de clients, pour différents types de démographie et pour différent types de géographie.

Bien que les protocoles de la DeFi soient susceptibles d'engendrer des coûts supplémentaires pour leur permettre de s'intégrer davantage à l'économie des monnaies fiat, ils seront toujours beaucoup plus efficaces que les marchés et que les modèles commerciaux actuels.

Je suis impatient de voir un ensemble florissant d'applications de la DeFi qui serviront de nouvelle infrastructure pour une variété d'applications financières pour les gens du monde entier. Si vous développez un protocole DeFi, veuillez nous contacter sur Twitter.

Merci à Jason Choi, Christopher Heymann, Chris McCann et Peter Pan pour leurs retours vis à vis de cet article.

Vous pouvez me suivre sur Twitter ici.


👉 Les actions à entreprendre

  • Posez-vous cette question : la DeFi va-t-elle dévorer le système financier ?

  • Lisez l'article de Marc Andreseen intitulé Why software is eating the world (en anglais).


🔎 Le zoom sur l'auteur

Dmitriy Berenzon est associé de recherche chez 1kx, où il se concentre sur la recherche et les investissements en crypto. Il était auparavant associé de recherche chez Bollinger Investment Group, où il a dirigé la recherche et les investissements en crypto, et a travaillé avec CoinFund, une société d'investissement axée sur la crypto. Avant cela, Dmitriy était vice-président adjoint de Deutsche Bank Labs, où il s'impliquait avec des startups, des investisseurs et des universitaires pour découvrir, évaluer et adopter des technologies bancaires innovantes.


🇬🇧 💬 🇫🇷 Cet article est une traduction d'un contenu original publié sur BanklessHQ le 30 juin 2021. Ce contenu a été traduit et édité par Jon.


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